Si la reprise se confirme dans le reste de la Dordogne, la sous préfecture du nord du département peine encore à trouver des acheteurs. Dans cette ville au faible bassin d’emplois, les prix continuent de diminuer.

Avec son endettement important, Nontron a une taxe foncière élevée qui freine l'achat immobilier - CREDITS PHOTOS : LUDIVINE LONCLE
Avec son endettement important, Nontron en Dordogne a une taxe foncière élevée qui freine l’achat immobilier – CREDITS PHOTOS : LUDIVINE LONCLE

« Chez nous, les prix sont toujours à la baisse. » A Nontron, Virginie Hillairet, de l’agence Fontenoy Immobilier, ne note aucune amélioration en ce début d’année 2016, à contre- courant de ce qui se passe dans le reste de la Dordogne. La raison en partie, selon elle, aux banques. « Les taux ont beau être très faibles, si vous n’avez pas d’apport, elles ne prêtent pas. Il y a un manque de confiance évident. »

80 000 euros. C’est le prix moyen d’une maison de 80 000 euros avec deux ou trois chambres, de menus travaux et un peu de terrain à proximité de Nontron

Et pourtant, l’envie est là. Il y a de la demande. Les acheteurs semblent revenir timidement dans cette sous-préfecture du nord du département, en tous cas dans ses communes alentours. Augignac, Saint-Martial- de-Valette, Savignac-de- Nontron… Des bourgades situées à cinq kilomètres et à la taxe foncière deux fois moins élevée que celle de Nontron pour un produit identique. « C’est un gros souci : la commune est très endettée et forcément, cela pèse sur l’immobilier. Ici, il faut compter 1 200 euros de taxe pour un pavillon de 100 mètres carrés avec jardin. C’est énorme pour la population locale qui n’a pas un pouvoir d’achat très élevé. »

La mode du maraîchage

D’autant que la cité du couteau ne fait pas partie des communes les plus dynamiques du département. Hormis son usine Hermès et sa sellerie haut-de- gamme, Nontron ne propose que très peu d’emplois, ses commerces se font rares et des villes plus importantes comme Périgueux et Angoulême ne sont situées qu’à trois quarts d’heure de là. Compliqué, dès lors, d’attirer de potentiels acheteurs. Conséquence : dans le centre, des immeubles vides et laissés à l’abandon, qui ne trouvent pas preneurs depuis des années. « Et puis les gens ne veulent pas investir dans la location. Ils s’en méfient, à cause des impayés de plus en plus fréquents. »

1200 euros : c’est la taxe foncière demandée à Nontron pour un pavillon de 100 mètres carrés avec jardin

Les biens qui se vendent se trouvent donc plutôt à proximité de Nontron, autour de 80 000 euros pour une maison avec deux ou trois chambres, de menus travaux et un peu de terrain. « Ici, les gens veulent un jardin, explique Virginie Vertuaux, de La Bourse de l’Immobilier. C’est un critère de base. » Et parfois même un très grand terrain. Car parmi les clients, certains ont pour projet de se lancer dans le maraîchage. Et pour cela, la superficie du bien qu’ils recherchent doit faire au minimum cinq hectares. « Ils ont aussi besoin d’un point d’eau, une source, un petit étang afin d’être autonomes. Dans le secteur, c’est la grande mode. » Pas mal de demandes pour au final, peu d’offres.

Ludivine Loncle