Parmi les biens les plus recherchés à Sarlat, des logements situés au coeur du secteur sauvegardé
et avec du cachet

Photo Ludivine Loncle

Fortement lié au tourisme, le marché de la sous-préfecture périgordine reste dynamique. Avec la reprise, en plus, les acheteurs locaux sont de retour

S’il est atypique car essentiellement tourné vers le tourisme, le marché immobilier de Sarlat bénéficie lui aussi de la reprise. «Contrairement à ce que l’on pourrait attendre d’une année électorale, nous avons bien commencé 2017. Depuis un an et demi, nos résultats sont très bons», se réjouit Joé Joco, de la Bourse de l’immobilier. «Les prix, qui ne sont plus déconnectés à la réalité, sont désormais stables.» Anne Legeleux, sa consoeur de Century 21, confirme la bonne tendance. «Certes, le budget des acheteurs n’a pas augmenté, mais on a multiplié le nombre de nos ventes par trois la même année, comparé à 2016. Et surtout on fait des transactions tous les mois. C’est redevenu régulier. Il y a une dynamique positive.» Pour autant, elle sait que le marché reste fragile. «Les biens ont beaucoup baissé ces dernières années, il ne faut pas qu’ils remontent. La reprise est là simplement parce que les taux bancaires et les prix sont bas.» Dans la cité de La Boétie, on trouve beaucoup d’investisseurs que la réputation internationale de la ville continue d’attirer. Ici, on achète pour louer pendant la saison touristique parce que, en retour, la rentabilité est assurée. Parmi les produits les plus recherchés par les futurs acquéreurs, des appartements au sein même du secteur sauvegardé si possible ou du moins à proximité, avec pierres apparentes, et dans un environnement agréable. «C’est à 80% ce que nous demande notre clientèle, souligne Joé Joco. Le tourisme se renouvelle bien ici, c’est très porteur pour l’immobilier. Cela dit, nos transactions ne concernent pas que du locatif. Cela peut aussi être pour des résidences secondaires. Il y en a beaucoup dans le secteur.»

Jeunes couples et retraités

Mais si le tourisme dynamise fortement l’immobilier de Sarlat, il fait aussi vite grimper les prix. Dans le centre, un bien joliment rénové se négocie autour de 1 800-2 000 euros le mètre carré. «Il y a parfois 15 000 à 20 000 euros d’écart avec des produits identiques dans des villes comme Montignac ou Souillac, notre voisine du Lot. La réputation de notre cité a un prix.»
Ceci dit, Sarlat n’attire pas que les investisseurs étrangers ou les citadins en mal de campagne. Les locaux sont aussi demandeurs, essentiellement pour des pavillons. «On a pas mal de jeunes couples qui cherchent des maisons de plain-pied ou avec un sous-sol, hors du centre, avec peu de travaux et un jardin», explique Anne Legeleux. Pour un bien de ce type datant des années 1970- 1980 et proche des commodités, il faut compter entre 140 000 et 160 000 euros. En revanche, dès que l’on dépasse la barre symbolique des 200 000 euros, on a plutôt affaire à des acheteurs venant de l’extérieur. Des gens de Paris, du sud-est de la France, de Lyon, qui viennent s’installer ici pour leur retraite, ou des personnes qui souhaitent faire du locatif.

Nontron : prix stables, étangs et grands terrains

À Nontron et dans sa région, on ressent les effets de la reprise depuis l’an dernier. «Sur les huit derniers mois, on a bien travaillé avec 20% de transactions supplémentaires par rapport à 2015», se réjouit Cédric Salat, de l’agence immobilière du même nom. «Reste à espérer maintenant que cette tendance positive perdure. Je suis confiant, car je sens que le frémissement va dans le bon sens, d’autant que les vendeurs sont aujourd’hui beaucoup plus enclins à baisser leurs prix. C’est un retour à l’équilibre.» Si les prix de certains biens continuent de descendre très légèrement dans le Nontronnais, la plupart d’entre eux sont désormais stabilisés. Dans les communes voisines de la sous-préfecture périgordine, la maison avec deux ou trois chambres, un jardin et quelques menus travaux continue de se négocier autour de 80 000 euros, comme il y a un an. Et pour un pavillon de plain-pied des années 1990, les acquéreurs doivent toujours débourser entre 120 000 et 130 000 euros. C’est d’ailleurs vers l’agglomération que leurs préférences vont, la taxe foncière élevée de Nontron en freinant plus d’un. «C’est vraiment le point noir. On a une ville très endettée. Alors, pour un produit identique, les gens se tournent vers des secteurs où la taxe foncière est deux fois moins importante qu’ici.» Autre fait notable : les étangs sont de nouveau demandés par les futurs acquéreurs, des gens du cru mais aussi des personnes de Normandie, de Picardie, de la région parisienne. «C’est revenu ces derniers mois. Dans un secteur où nos clients recherchent la nature, c’est un signe révélateur», explique Cédric Salat. Parmi eux, certains sont en quête de grands terrains pour pouvoir se lancer dans le maraîchage. Les agences immobilières de la région doivent en effet faire face à une forte demande, là où il n’y a que peu d’offres. «Les gens qui achètent veulent faire de la culture bio et être autonomes. Alors, dès que l’on a une propriété avec une superficie importante, ça part très vite. On fait beaucoup de visites mais, au final, on n’a malheureusement pas beaucoup de biens de ce type à proposer dans le coin.»

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La taxe foncière élevée de Nontron freine encore l’achat dans cette sous-préfecture de la Dordogne

 

 

 

 

Texte : Ludivine Loncle