Les amoureux de vieilles pierres (et de soleil) trouvent leur bonheur à Saintes, au riche passé. Le prix médian d’une maison ancienne dans le secteur s’élève à 141 600€
Photo archives Fabien Paillot

Gens du Nord, Picards et Lorrains achètent dans le secteur

À l’arrêt dans le secteur industriel (avecla liquidation de Saintronic notamment), Saintes jouit toujours d’une belle notoriété dans le domaine de l’immobilier. «Depuis l’ouverture de notre agence en 2004, nous n’avons jamais connu une période aussi faste», se réjouit Valentin Busier, l’un des trois cogérants de l’agence saintaise Abel Immo. Les taux bancaires n’expliquent pas à eux seuls la belle santé du marché local. En 2016, les acquéreurs n’étaient pas forcément au rendez-vous. En 2017, ils sont bel et bien là. La situation géographique de Saintes, son riche passé sont autant d’atouts pour attirer de nouveaux habitants. «Il y a quelques années, nous avions des Rochelais, des Franciliens. Ils se font maintenant rares, mais ils ont été remplacés
par des Picards, des Lorrains et des Nordistes», poursuit Valentin Brusier.

Idéal pour les budgets moyens

Mais Saintes n’attire pas forcément les personnes disposant d’une très belle épargne. «Nous vendons sans problème des habitations jusqu’à 220 000€, acte en main. Au-delà, c’est nettement plus compliqué. Lorsqu’un acheteur dispose de 400 000€, il ira plus facilement à Royan ou à La Rochelle.» Le triangle d’or de la cité santone (quartiers de la Banque de France, de la clinique Richelieu et de la rue Saint-Vivien) plaît toujours autant. Si la rive gauche de la Charente est plébiscitée au détriment de la rive droite, c’est surtout par les locaux. «Les gens qui arrivent de l’extérieur s’en fichent», poursuit le responsable de l’agence Abel Immo. Une tendance s’installe aussi durablement: «Il est plus difficile de vendre un terrain dans un lotissement, dans un village extérieur, on assiste à un retour vers l’habitat urbain, l’aspect économique et écologique est intégré dans le profil de l’acquéreur», constate l’agent immobilier. Dans la première couronne, c’est désormais Saint-Georges-des-Coteaux qui a supplanté la jolie et verdoyante commune de Fontcouverte. Selon la Chambre des notaires, le prix médian d’une maison ancienne dans le secteur de Saintes s’élève à 141 600€, et le prix des terrains à bâtir, rares à Saintes intra-muros, a grimpé de 12%. Une position centrale dans le département, la desserte autoroutière ainsi que la présence d’une étoile ferroviaire sont autant d’arguments qui plaident en faveur de la ville.

Texte : Philippe Brégowy