Le volume des transactions est en augmentation. Les prix, stables dans l’ancien, repartent à la hausse dans le neuf.

Vincent Poulou, président de la FNAIM Pays Basque et agent immobilier à Saint-Jean-de-Luz, vient de vendre un T3 de 56 m² dans un immeuble ancien à côté des Halles : 330 000 €. Une transaction emblématique de la demande actuelle à Saint-Jean-de-Luz. « Les T2 et les T3 situés à proximité du centre et vendus entre 200 000 et 350 000 € constituent l’essentiel de la demande, explique-t-il. La clientèle est majoritairement française – de Paris, Bordeaux ou Toulouse – à la recherche d’une résidence secondaire. » Les investisseurs ne viennent pas ici en quête d’un fort rendement, mais plutôt pour revenir au pays ou préparer leur retraite. Ils ont un pouvoir d’achat élevé et connaissent déjà la commune. Ce sont souvent des habitués qui ont mûrement réfléchi leur achat. Du coup, quand l’offre correspond à leurs attentes, les délais de vente sont plus rapides qu’ailleurs et les prix peuvent rapidement s’envoler. En front de mer, dans l’ancien, ils peuvent atteindre 10 000 €/m².

Plus chère que Biarritz et Anglet

5 300€/m² : c’est en moyenne les prix des appartements dans le centre

Les acquéreurs privilégient les grands volumes dans la perspective d’occuper eux-mêmes le logement un jour ou l’autre. Les studios et les T2 en périphérie ont ainsi moins la côte que les grands T3 bien placés. « Les prix sont élevés, autour de 5300 €/m² en moyenne dans le centre, mais les clients sont aussi plus exigeants », précise Vincent Poulou. En d’autres termes, la clientèle luzienne ne veut pas de travaux de rénovation. Une exigence particulière qui se traduit par un engouement spectaculaire pour les programmes neufs bien situés. Les appartements de la résidence Les Érables, en face des Halles, se sont par exemple vendus entre 6000 et 7000 €/m². De son côté, Robert Alday commercialise en ce moment sa résidence Plaza Saint-Joseph, au coeur de la vieille ville, à plus de 8000 €/m². Plus de la moitié des logements a été vendue avant même le début du chantier. Sur l’ensemble de la ville, le prix moyen dans le neuf s’établit à 5780 €/m², en hausse de plus de 40 % sur un an, plaçant la cité des corsaires loin devant Biarritz et Anglet.

Un défi du social

Les prix prohibitifs de l’immobilier sont un défi pour la municipalité qui n’oublie pas que 70 % de la population locale entre dans les critères d’attribution des logements sociaux. Pour la plupart des adultes qui entrent dans la vie active, les jeunes couples et de nombreuses personnes âgées, le logement social constitue désormais la seule façon de se loger. « Dans ce contexte, souligne le maire Peyuco Duhart, l’enjeu majeur pour notre commune est de rétablir les conditions du parcours résidentiel. Nous devons tout faire pour parvenir à un équilibre entre résidences principales et secondaires. Si l’on veut que la ville vive toute l’année, il n’est donc pas souhaitable de se rapprocher du seuil des 50 % de résidences secondaires. »

5780 €/M² : C’EST EN MOYENNE LE PRIX DANS LE NEUF À SAINT-JEAN DE LUZ

Pour produire des logements accessibles, la municipalité entend identifier des dents creuses qui permettraient de mener des opérations publiques dans le centre ville ou à proximité immédiate, par exemple dans le quartier Fargeot. À plus long terme, l’aménagement de l’îlot Foch pourrait aussi offrir de belles opportunités tout en requalifiant le quartier dans le prolongement de ce qui a été réalisé autour des Halles.