Le nouveau visage du Bas-Floirac PHOTO EMMANUELLE LAPEYRE

Entre les rives de la Garone et la mairie, le Bas-Floirac est en profonde mutation. Les projets d’envergure prévus sur la zone soutiennent un marché dont l’attractivité va croissant.

Il est loin le temps où l’on franchissait la Garonne par dépit. La multitude de projets qui fleurissent rive droite change l’image du Bas-Floirac. La ville et la métropole se sont en effet engagées dans un vaste projet de requalification urbaine de ce secteur longtemps dévolu aux activités industrielles, avec la création de la ZAC des quais. Cette zone d’aménagement concertée, qui couvre 43 hectares entre la Garonne et le centre de Floirac, vise la production à terme de 1 400 logements neufs, privilégiant la cohabitation en maisons de ville, immeubles-villas et immeubles collectifs, reliés par des parcs paysagers et des espaces piétons.

Hausse de la demande sur le Bas-Floirac

De nombreux programmes ont déjà été réalisés dans ce quartier, qui a vu arriver ses premiers habitants en 2009. Un afflux de population qui va engendrer de nouveaux équipements, à commencer par un groupe scolaire de 16 classes (6 maternelles et 10 élémentaires) prévu en 2017, ainsi qu’un nouveau gymnase. Les quais de Floirac seront aussi un quartier d’activités. En effet, la polyclinique du Tondu va s’y implanter fin 2017 et une zone d’activités de 20 000 mètres carrés est prévue au sud de la zone. Mais ce qui marque l’attractivité de ce nouveau quartier, ce sont bien sûr les deux projets d’envergure qui y verront le jour à l’horizon 2018-2019 : la grande salle de spectacle, signée de l’architecte Rudy Ricciotti, et le pont Jean-Jacques Bosc, oeuvre de l’architecte hollandais Rem Koolhaas, qui reliera la plaine floiracaise au quartier Saint-Jean-Belcier rive gauche.

Autant de projets qui dopent le marché de l’ancien. « Depuis un an, on constate une hausse de la demande sur le Bas-Floirac. Les acquéreurs ont compris que ce secteur allait complètement changer de visage », constatent Laurence Rousserie et Julien Bascou, de l’agence Orpi Floirac. Résultat, les aspirants à la propriété n’hésitent plus à franchir la Garonne, à la recherche d’une échoppe ou d’une arcachonnaise, maisons typiques que l’on trouve dans les rues perpendiculaires au cours Gambetta. Les prix s’en ressentent, avec une augmentation moyenne de 8,9 % entre 2014 et 2015, selon les chiffres de la Chambre des notaires. Ainsi, une maison de 70 mètres carrés avec un jardin de 300 mètres carrés et quelques petits travaux de rénovation est partie à 190 000 euros. Et une belle échoppe de 150 mètres carrés habitables, rénovée avec goût, s’est négociée à 330 000 euros. « La moyenne de vente est passée de 180 000 euros à plus de 200 000 euros. Les prix sont revenus au niveau de 2007 et risquent de continuer à augmenter, d’autant que certains vendeurs attendent la sortie des projets structurants pour mettre leur bien en vente », ajoutent les agents immobiliers.

Belvédère, un nouveau quartier entre Bordeaux et Floirac

La reconquête des quais rive droite se poursuit. Dans le cadre de l’Opération d’intérêt national Euratlantique, 140 000 mètres carrés de droits à construire vont être libérés au coeur de la future Zone d’aménagement concertée Garonne-Eiffel, qui s’étend sur les communes de Bordeaux et Floirac. Le nom de ce futur quartier, Belvédère, illustre bien l’atout majeur de ce site, qui offre une vue exceptionnelle sur les façades de la ville historique et la flèche de l’église Saint- Michel. Le quartier Belvédère accueillera des bureaux, en extension du centre d’affaires situé près de la gare Saint-Jean, ainsi que des commerces et des logements. Trois groupes de promoteurs, architectes et urbanistes sont encore en compétition, en attendant le lauréat qui devrait être désigné mi-mars.