Marché de l'existant PHOTO JULIA TOURNEUR
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Après un certain attentisme observé en 2014, le marché de l’ancien a progressivement retrouvé des couleurs en 2015. La reprise poursuit sa belle ascension en ce début d’année 2016 à La Rochelle et dans son agglomération

Si l’année 2015 fut une année à marquer d’une pierre blanche en termes de volume de transactions, le mois de janvier dernier a d’ores et déjà dessiné les contours d’un millésime. « C’est mieux qu’en 2015 ! s’enthousiasme Éric Couratier, le gérant d’Eco Immobilier à Périgny. On observe une augmentation de 15 à 20 % des transactions sur les deux derniers mois de l’année et cela s’est concrétisé durant le mois de janvier. C’est une très belle courbe, surtout que le début de l’année n’est pas réputé pour être un mois “fort” dans le domaine de l’immobilier », complète-t-il.
Lorsqu’ils observent l’état actuel du marché, les professionnels de l’immobilier sont unanimes. « Il y a de vrais acheteurs, c’est-à-dire des personnes qui visitent avec de véritables intentions d’acquérir et qui ont parfois déjà pris connaissance de leur capacité d’emprunt », assure Éric Couratier.

Des taux d’emprunt favorables aux acheteurs

Pour justifier une telle embellie, les spécialistes brandissent l’argument des taux d’intérêts. Ces derniers, qualifiés « d’historiquement bas », permettent à une nouvelle clientèle, notamment les primo-accédants, de faire leur entrée sur le marché de l’immobilier. « Nous avons pu sortir des taux de 1,90 % sur 20 ans ou même de 2,30 % sur 25 ans », affirme Éric Couratier. Pour ce chasseur immobilier, le marché de l’existant remonte aussi grâce à l’évolution des conditions d’éligibilité du prêt à taux zéro (réservé uniquement aux primo-accédants).
Depuis le 1er janvier 2016, le plafond de ressources pour en bénéficier a été revu à la hausse, permettant ainsi à davantage de ménages d’y avoir droit. Plus avantageux, le prêt à taux zéro est désormais plus efficace.
Selon les textes officiels, « (sous) condition de réaliser des travaux à hauteur de 25 % du coût total de l’opération », il permet désormais d’investir dans un logement ancien. L’an passé, seules les zones rurales étaient concernées par cet aménagement.

Une acquisition immédiate

En se tournant vers des biens existants, les acheteurs n’ont pas à se plier à toutes les normes (énergétiques, sismiques, électriques, etc.) qui régissent le marché du neuf. « Ce n’est pas une obligation de remettre un bien existant à jour de toutes les nouvelles règles », précise l’un des agents immobiliers. À cela s’ajoute une acquisition rapide. « Le marché de l’existant répond à un besoin immédiat. Les acheteurs peuvent habiter dans leurs biens dans un délai d’au minimum trois mois, lorsqu’il n’y a pas de travaux, bien entendu.
Sur le marché du neuf, certes les acheteurs ont un bien conforme à leurs goûts, mais les délais sont beaucoup plus longs », indique le président de la Fnaim de Charente-Maritime. En plus, en se positionnant sur de l’ancien, les futurs acquéreurs « se projettent plus facilement dans le bien », complète Éric Couratier. Seule la rareté des biens freine les ventes, « 80 % des vendeurs surestiment leurs biens et ne trouvent pas d’acheteurs, souligne Éric Couratier. Les maisons qui se vendent sont celles qui sont à leur prix », assène-t-il.