Victime de son attractivité, le Pays basque souffre d’une pénurie de logements, aussi bien dans le neuf que dans l’ancien

Texte et photo : Bruno Fay

On parle généralement de crise lorsqu’il y a surabondance de biens sur le marché et que les prix commencent à s’effondrer », explique Pascal Thibaut, vice-président de la Fédération des promoteurs immobiliers (FPI), délégué au secteur Sud-Aquitaine. « Ici, au Pays basque, c’est l’inverse. Nous souffrons d’une pénurie de biens qui provoque une hausse mécanique des prix. » Avec près de 1 800 ventes seulement en 2018, contre plus de 2 100 l’année précédente, le nombre de transactions dans le neuf affiche en effet une baisse de près de 16 %.

L’offre commerciale, c’est-à-dire in fine la production de logements neufs, est aussi en berne. Près de 1 610 logements ont été mis en vente au cours de l’année 2018, contre 1 861 logements en 2017. De ce fait, la concurrence est rude entre les acquéreurs, surtout à proximité du littoral et dans l’agglomération de Bayonne. Effet domino oblige, nombre de clients se tournent désormais vers l’ancien, qui subit à son tour une pénurie de biens.

Certaines communes de la côte souffrent plus que d’autres. « À Biarritz, malgré des prix en forte hausse, nous avons de plus en plus de difficultés à entrer de nouveaux produits pour répondre à la demande », se désole ainsi Jean Curot, directeur commercial du groupe Carmen, à la tête d’une trentaine d’agences au Pays basque. « Si l’on cherche un logement ancien dans l’agglomération, il vaut mieux regarder du côté d’Anglet, qui offre encore quelques belles opportunités dans l’ancien et dans le neuf. Je pense notamment au Busquet, où l’on trouve des prix relativement abordables. » Jean Curot conseille également Hendaye. Touché de plein fouet par la crise financière de 2008, le marché hendayais a depuis repris du poil de la bête, sans pour autant s’emballer. « Les prix restent raisonnables, entre 3 500 € et 5 000 €/m² selon l’emplacement, et sont de fait très attractifs pour les investisseurs en quête d’un bon rendement locatif. » Cette situation de pénurie risque malheureusement de perdurer et de continuer à tirer les prix vers le haut, au grand dam des accédants locaux et des ménages modestes à la recherche d’une résidence principale pour vivre et travailler sur la Côte basque. À moins que cette crise de l’offre ne soit finalement salutaire, avance Lise Sauvagnat, directrice de Nexity Pays basque : « Le manque de biens et la hausse des prix nous obligent à nous asseoir tous autour d’une même la table pour chercher ensemble des solutions innovantes qui nous permettront demain de mieux habiter la ville. »