Texte : Nicolas César
Photo David Le Déodic

En Nouvelle-Aquitaine, le marché de l’immobilier est dynamique, grâce aux taux d’intérêt bas et à l’élargissement du prêt à taux zéro. Les prix montent, mais avec de fortes disparités selon les villes.
Tous les voyants sont au vert. En Nouvelle-Aquitaine, les transactions immobilières se sont accélérées en 2016. Au total, 9 266 logements ont été vendus, selon les données du Crédit foncier, filiale du groupe bancaire BPCE, spécialisée dans le prêt immobilier. Un dynamisme que l’on n’avait pas connu au niveau national depuis la crise financière de 2008. À tel point que certains marchés, jusque-là peu prisés, ont connu des hausses de transactions spectaculaires : + 66,7 % en Creuse – mais qui ne représente que 1 % du marché régional –, + 24,8 % en Corrèze et + 15,2 % en Charente. Signe que les primo-accédants sont de retour.
Un dynamisme qui repose sur trois éléments : la faiblesse des taux de crédit immobilier (jusqu’à 1,35 % sur vingt ans), l’élargisse- ment des critères d’octroi du prêt à taux zéro (PTZ) depuis le 1er janvier 2016, qui a doublé le nombre de bénéficiaires, et une relative stabilité des prix (+ 1,8 % en France, d’après l’Insee).

Le top 3 des métropoles

Mais ce regain du marché immobilier n’influe pas sur les territoires de la même manière. Avec en tête, sans surprise, Bordeaux, où le prix médian [définition ci-contre] a grimpé de 4,1 % en un an (2016) pour les appartements anciens et atteint aujourd’hui 3 200 € le mètre carré. « C’est la seule ville de France où le pouvoir d’achat immobilier a diminué malgré la baisse des taux du crédit immobilier », relèvent les Notaires de France dans leur étude annuelle. Concrètement, à Bordeaux, une mensualité de 1 000 € sur vingt ans permettait fin 2016 d’acheter un appartement de 60 m2, soit 10 de moins qu’en 2006. Une tendance haussière qui se poursuit en ce début d’année 2017, à l’approche de l’arrivée de la ligne à grande vitesse, qui sera mise en service le 2 juillet et placera la capitale régionale à deux heures de Paris. La ville, classée à l’Unesco, récolte les fruits de sa rénovation entamée il y a quelques années et bénéficie d’une forte attractivité.
Autre signe qui ne trompe pas : « La construction de logements neufs se concentre sur
trois agglomérations de la région : Bordeaux, Bayonne puis La Rochelle », observe Damien Lavaud, directeur du Crédit foncier expertise dans le Sud-Ouest. En dehors de Bordeaux, ce sont les villes du littoral qui gardent la cote. Ainsi, à Biarritz, le prix au mètre carré culmine à 4 300 €. La Rochelle, quant à elle, attire également toujours autant, même si les familles peinent à s’y loger, au regard du prix médian – 3 180 € le mètre carré. Cette reprise profite à de nombreux territoires. Conséquence, « même en campagne, où c’était très difficile ces dernières années, les choses vont un peu mieux », souligne Yann Dupé, président de la Fnaim (Fédération nationale des agences im- mobilières) en Charente-Maritime.

S’éloigner

Pour trouver leur « rêve » – le pavillon avec jardin –, les familles et primo-accédants acceptent de s’éloigner en périphérie, mais rare- ment au-delà de 30 km et à condition d’avoir un accès routier assez rapide vers les centres économiques. « Car il y a eu une baisse du prix médian des appartements anciens de 3,2 % sur une année dans le département. Les vendeurs ont enregistré cette baisse des prix et ont été raisonnables lors des mises en vente », explique Jean-Michel Audibert, le président de la Chambre de notaires de Charente-Maritime. Une tendance également observée dans quelques villes moins prisées comme Dax (– 2,7 % sur les prix en un an) et Pau (– 1,6 %), même si, dans la capitale
du Béarn, une tendance haussière refait sur- face [lire page 38 à 39]. Même constat dans les villes moyennes, à l’image de Marmande en Lot-et-Garonne, où le marché a repris des couleurs. Désormais, un pavillon de plain- pied avec jardin se négocie autour de 1 200 € le mètre carré. Seule pointe d’inquiétude pour l’heure : la Dordogne, où le Brexit et le départ éventuel des Anglais pourraient entraîner une dépréciation du marché.
Néanmoins, le marché reste en tension. Une remontée des taux d’intérêt freinerait cette embellie. La politique du nouveau président de la République en matière d’immobilier est très attendue par les professionnels… et le grand public.

Comprendre les prix utilisés

Le prix médian ne doit pas être confondu avec le prix moyen. Le prix médian, lui, sépare l’ensemble des ventes en deux parties égales. La moitié des ventes réalisées par les notaires en 2016 se situe en dessous de ce prix, l’autre moitié au-dessus. C’est l’indice de référence puisqu’il reflète, mieux que le prix moyen, les ventes « réelles » enregistrées par les notaires sur l’année écoulée. C’est celui utilisé dans cet article. Il ne tient pas compte des frais de notaire.