Texte : Jean Berthelot
L’offre a du mal à suivre la demande croissante de foyers qui s’éloignent de Bordeaux pour acquérir une résidence à un prix accessible.

« On manque de produits ! » L’aveu est signé Brice Descudet, gérant de Lesparre Immobilier et d’un réseau de 15 agences dans le Médoc et plus largement sur la rive gauche. « Les plus recherchées, et les plus rares, sont les maisons bourgeoises de standing, à Castelnau et Lesparre en particulier. Et près du lac de Lacanau, évidemment, où la demande est considérable. Mais, de façon générale, c’est dans tout le sud du Médoc et sur le littoral qu’il y a une bonne dynamique », explique le patron d’une agence immobilière qui a vu son chiffre d’affaires bondir de 20 % l’an dernier. Et cette dynamique ne concerne pas que les biens onéreux. « Au contraire, il y a même une forte demande pour les maisons dont les prix sont les plus accessibles », poursuit Brice Descudet.
La raison n’est pas difficile à comprendre : « Les primo-accédants doivent de plus en plus souvent quitter Bordeaux et les communes limitrophes pour réussir à se loger. Ils s’éloignent plus qu’avant, même s’ils travaillent dans la métropole, et on peut les retrouver jusqu’à Saint-Laurent, Brach ou Castelnau, où ils vont trouver des maisons accessibles, voire des terrains où ils peuvent faire construire », explique le gérant de Lesparre Immobilier. Un choix qui place ces Médocains à 30 kilomètres de Bordeaux, mais qui les contraint régulière ment à faire plus d’une heure de voiture pour se rendre à leur travail. « Il est certain que les infrastructures routières qui doivent être construites pour désenclaver le Médoc vont certainement attirer encore plus de foyers. Se posera alors avec encore plus d’acuité le problème de l’offre. Elle restera limitée pour des raisons structurelles, et notamment parce que les terrains constructibles ne sont pas extensibles et vont donc devenir de plus en plus difficiles à acquérir », anticipe Brice Descudet.