Les acheteurs reviennent, mais privilégient des biens nécessitant le moins de frais d’entretien possible.

Retour au sérieux et au réalisme en Dordogne et dans le Lot-et- Garonne. Comme un peu partout dans la région, les volumes de ventes ont repris, mais les acheteurs privilégient désormais les zones les plus proches des centres-villes pour s’installer. « C’est la grande tendance, note Estelle Levier, responsable du département immobilier de l’étude de Maître Aleaume, à Agen. Le premier critère, c'est une baisse des charges et des frais d'entretien. On est plutôt sur des recherches urbaines, tout simplement pour essayer de n'avoir qu'un seul véhicule et limiter les frais de foncier et de chauffage. » Du coup, c’est un nouveau marché qui se développe très fort : « le cube des années 1970, qu’on vendait mal jusqu’à présent car il n’était pas très à la mode. Mais il est plus près du centre d’Agen que les nouveaux lotissements, et c’est un produit en plein essor ». Prix d’entrée : 140.000 à 170.000 euros. Même constat pour maître Jean-Michel Monteil, à Bergerac, président de la Chambre des notaires de Dordogne : « Les jeunes achètent des maisons de ville dans les lotissements des années 1970 ou 1980, plus accessibles, autour de 120.000 à 130.000 euros ». En Dordogne, le marché se concentre principalement sur les biens à moins de 150.000 euros, à destination d’une clientèle locale.

Stabilisation des prix

Les prix, globalement, semblent se stabiliser depuis le début de l’année, après une baisse courant 2015 (-4,3% en Dordogne, selon les notaires, -1,7% dans le Lot-et- Garonne), due notamment à la prise de conscience des vendeurs qu’ils ne pouvaient plus maintenir leurs exigences. Désormais, le marché fonctionne de manière réaliste, avec une relative adéquation entre l’offre et la demande. « On est quand même sur des négociations sérieuses, reposant sur des devis et des demandes de prêt correctement menées, confirme Estelle Levier. Vendeurs et acquéreurs sont de bonne volonté pour que ça marche. » Quant au marché des résidences secondaires et des belles demeures, autrefois animé par les Britanniques, il est toujours à l’arrêt. « Il y a une désaffection des Français pour les résidences à la campagne, constate Jean-Michel Monteil. Ces biens sont maintenant achetés par des professionnels pour réaliser des gîtes des chambres d’hôtes ».

Jean-Pascal Videau