En période de fortes chaleurs, les particuliers cherchent à refroidir leur domicile. Quelles solutions s’offrent à eux ? Voici quelques pistes pour rester frais.

Chaud dehors, chaud dedans. Torride dilemme pour ceux qui n’ont pas un appartement ou une maison naturellement frais. La chaleur, et encore plus la canicule, est source d’énervement et de mauvaises nuits, passées à se tourner et se retourner dans son lit. Quand le thermomètre s’affole, que les degrés se jouent de l’ombre, que le ventilateur semble diffuser un petit vent tiède et que les douches froides ne font qu’attiser de nouvelles suées, il convient de chercher des solutions. Avec toujours cette théorie physique en tête : c’est toujours le chaud qui va vers le froid. Les premières possibilités pour rafraîchir le domicile sont le fruit du bon sens et ne coûtent pas un sou. Le conseil qui circule plus facilement que l’air consiste à ventiler ses pièces en soirée ou, mieux encore, la nuit. Ensuite, au moment où le soleil cogne le plus, il suffit de tirer les rideaux et de fermer stores et volets.

Drap mouillé et plantes

Éteindre les appareils électriques (écrans, ordinateurs, décodeurs, fours, sèche-linge) n’est pas un luxe. Humidifier le sol est aussi préconisé, l’évaporation absorbant les calories de l’air. On dit qu’un drap mouillé placé devant une lucarne ou un tissu imbibé devant un ventilateur facilitent le rafraîchissement d’une pièce. Enfin, il faut savoir que les plantes dégagent de l’humidité et absorbent la chaleur. Il n’y a plus qu’à.

Bien sûr (ce serait trop simple), ces astuces éprouvées peuvent ne pas suffire. Ceux qui ont une mansarde pour chambre ou une pièce plein sud comprendront. Dès lors, il convient de chercher des solutions techniques plus ou moins onéreuses qui vont au-delà du simple brumisateur. Avant d’entreprendre quoi que ce soit, il y a une règle d’or : vivre dans un logement bien isolé. C’est l’élément essentiel du confort thermique, en été comme en hiver. Tous les professionnels le disent. Allons en voir un pour profiter de ses conseils. Siège de Jtherm, anciens établissements Goineau, à Saint-Christophe-des-Bardes, en Gironde. Frédéric Juin, ancien de l’industrie électro-mécanique, a repris l’entreprise il y a cinq ans. Spécialisé en thermique du bâtiment, il installe des systèmes de climatisation et de pompes à chaleur, des VMC double flux ainsi que, à une époque, des puits canadiens ou provençaux.

frais29 000 euros sans frais le puits

« Ce système de puits canadien a été un temps en vogue car considéré comme très écologique. N’empêche que cette géothermie requiert des techniques compliquées et onéreuses. Au bas mot, il faut compter dans les 9 000 euros pour en installer un, avec des contraintes mécaniques pour le terrassement », précise Frédéric Juin. « Il faut également du bon matériel, notamment une tuyauterie spé- ciale pour éviter les bactéries pouvant provenir de la condensation. Le réseau souterrain doit respecter une pente régulière de 2 % pour éviter que des poches d’eau ne se forment, entraînant à l’occasion des mauvaises odeurs. Une fois réalisé, le système peut s’avérer rentable mais, même couplé à une VMC double flux, il permet juste un rafraîchissement de la maison de 2 à 3 degrés par rapport à la température extérieure », rappelle le professionnel. Il n’empêche que le puits canadien ou provençal, système de ventilation passive, compte toujours des adeptes. Ses atouts sont une durée de vie d’environ quinze ans, peu d’entretien et une consommation en électricité dix fois moindre qu’une climatisation. Cependant, pour plus d’efficacité, Frédéric Juin préconise plutôt la climatisation électrique réversible. Réussir l’installation est le gage du bon fonctionnement. Et ce n’est pas donné à tout le monde. A priori, il n’a rien contre les climatiseurs portables, qui peuvent suffire pour une petite surface. Mais là encore, il insiste sur le fait qu’il doit être bien dimensionné.

Température ressentie

Il existe aussi des climatisations sans unité extérieure qui évitent pas mal de travaux. « Ce qui est important, c’est le confort thermique. Un air soufflé à 18 degrés permet d’obtenir une température à 22 degrés. Le réglage ni trop chaud ni trop froid est donc essentiel. La température indiquée sur le thermomètre on s’en moque, ce qui est important, c’est le ressenti. Si la clim est bien dimensionnée, elle entraîne moins de nuisances, les groupes extérieurs font moins de bruit et ne gênent pas les voisins. Maintenant, elles sont toutes réversibles, chauffent et refroidissent. Sur du bâti ou du neuf, nous conseillons du gainable qui peut être caché dans les combles ou dans les murs. Pour ce qui est du prix, il faut prévoir dans les 5 000 euros pour une installation complète. » Dans le même ordre de prix, beaucoup optent pour la VMC (ventilation mécanique contrôlée) double flux, qui permet de réelles économies d’énergie.

« Sur les maisons neuves, après 2012, il y a des choses intéressantes avec des réseaux rigides qui évitent la condensation », indique l’installateur. Ce système va prendre l’air neuf à l’extérieur, va l’épurer grâce à ses filtres, pour l’insuffler dans les pièces de vie par le biais de diffuseurs. De son côté, l’air vicié est extrait. Chaud l’hiver, frais l’été. Telle est la tendance des nouveaux équipements d’aération, de chauffage et de refroidissement.

frais3Puits canadien mode d’emploi

Le puits canadien ou provençal est un procédé géothermique qui apporte une ventilation naturelle au logement. Il profite de la température constante du sol (entre 10 et 15 °C) pour réchauffer ou refroidir cet air de renouvellement et l’insuffler dans la maison. Le matériel comprend une borne de prise d’air, installée dans le jardin, des conduits extérieurs enterrés à 1,5 m minimum, un ventilateur qui rejette l’air à l’intérieur de la maison, un réseau de conduits intérieurs qui répartit l’air renouvelé dans les pièces à travers des bouches d’aération, des bouches d’extraction pour rejeter l’air vicié et un mécanisme (by-pass) qui permet de délivrer la température d’air la plus adéquate