Il y a vingt ans, les gens voulaient de l’espace et quittaient Cognac. Aujourd’hui, ils y reviennent, en centre-ville ou très près, pour avoir tous les services à portée de main.
Photo archives Anne Lacaud

 

Autrefois délaissé, le centre-ville semble retrouver les faveurs des acheteurs

Le marché immobilier, à Cognac, est ragaillardi. Après des années d’une activité atone depuis la crise de 2008, «on respire mieux», lance Sylvie Porte, gérante de l’agence Solis Immobilier, située dans le centre-ville. «Les affaires ont repris et il y a un certain dynamisme.» Impression confirmée par Yann Boisson : «On note une nette reprise d’activité depuis le début du deuxième semestre 2016», se souvient le gérant de Boisson Immobilier. «Mais, si reprise il y a, elle n’est pas forcément au niveau des prix.»

Des prix stables

En effet, le nombre de transactions a augmenté, en 2016, d’environ 7% dans le secteur et devrait croître encore cette année. Toutefois, la valeur des transactions, elle, ne décolle pas forcément. Dans l’arrondissement de Cognac, le prix médian pour un bien d’une à trois pièces est de 74 300€ ; 100 000€ pour une maison avec quatre pièces. Une tendance tout à fait stable.
Ce qui change, en revanche, c’est la perception de la ville. À en croire les agents immobiliers, Cognac est apprécié pour son côté ville à la campagne. Mais l’aspect urbain constitue un critère tout à fait précis : «Il y a une vraie tendance qui consiste à s’installer en centre-ville ou en périphérie très proche, analyse Yann Boisson. Il y a vingt ans, les gens voulaient de l’espace et quittaient Cognac. Aujourd’hui, ils y reviennent car ils n’ont pas envie de faire de la route et préfèrent avoir tous les services à côté.»

Une maison avec cour ou jardin

Quel type de bien est recherché? Les spécialistes dressent tous le même portrait- robot : une maison dans un budget de 100 000 à 150 000€, avec une petite cour ou un jardin. «Les gens ont un oeil affûté sur les prestations, approfondit Sylvie Porte. Ils regardent l’environnement, les huisseries, l’isolation…» Mais les négociations se font rares. L’essentiel des ventes se fait au prix annoncé, «à condition que ce soit au prix du marché», insistent les agents. Ces acheteurs, justement, qui sont-ils? «Nous avons régulièrement des retraités, qui passaient à Cognac en voyage et qui sont séduits par l’architecture et la tranquillité, analyse Yann Boisson. Par ailleurs, une bonne partie de la clientèle est constituée de primo-accédants ou de familles avec deux enfants.» Les maisons à la campagne, elles, ne sont pas spécialement au goût du jour: elles sont peu nombreuses, nécessitent souvent des travaux et affichent parfois un prix trop élevé
pour les prestations proposées.

Texte : Jonathan Guérin