Exotisme dans les jardins
Exotisme dans les jardins
Les plantes sélectionnées donnent à ce jardin situé à Lège-Cap-Ferret, sur le bassin d’Arcachon, un air exotique
Les plantes sélectionnées donnent à ce jardin situé à Lège-Cap-Ferret, sur le bassin d’Arcachon, un air exotique

Qu’elles viennent du Bassin méditerranéen, d’Amérique ou encore d’Asie, les plantes exotiques ont la cote. Explications, avec un paysagiste bordelais

Elles ont des noms bizarres et un énorme pouvoir de séduction, au point de s’implanter dans les jardins, là où, autrefois, régnaient les vivaces aux racines bien européennes. Les Yucca rostrata, Washingtonia robusta, Dasylirion longissimum et autres Trachelospermum jasminoïdes (du faux jasmin) ont parcouru un long chemin pour venir jusqu’ici. Le Mexique, l’Amérique centrale, l’Asie sont leurs berceaux d’origine mais aujourd’hui, ces plantes sont tendance et très demandées dans les jardins du Sud-Ouest. Sans oublier l’olivier, pour lequel l’attrait ne cesse de croître. Le secret de leur réussite tient en deux mots : beauté et résistance. Paysagiste installé au marché de Brienne, à Bordeaux, et au carrefour de l’Herbe, sur la presqu’île du Cap-Ferret, Arnaud Desage constate chaque année ce changement de culture guidé par des considérations aussi esthétiques que pratiques.

« Dans notre région et particulièrement sur la côte et dans les villes, il y a une grosse demande pour ce type de plantes. Elles sont plus résistantes et surtout demandent beaucoup moins d’entretien que des vivaces, par exemple. Elles détrônent ce que l’on appelle dans notre jargon ‘‘les jardins de curé’’. Depuis quelques années, beaucoup d’entre elles qui sont non gélives viennent du Mexique. Elles se sont très bien adaptées et entrent dans des compositions où l’on va trouver beaucoup de plantes exotiques. Pour les particuliers, les avantages sont considérables, surtout quand la chaleur s’installe. Ce sont en général des plantes plus autonomes, avec des feuillages persistants. »

L’olivier, qui fut un des tout premiers arrivants, colonise aujourd’hui les parcs et les jardins du Sud-Ouest (lire par ailleurs), donnant ainsi en quelque sorte le coup d’envoi d’une mode méditerranéenne qui ne se dément pas.

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L’exotisme de l’olivier

L’olivier en vedette

De tous ces invités du Sud, un des premiers arrivants et toujours installé à la première place est sans conteste l’olivier. Pour en importer des dizaines chaque année, de toutes les formes et de tous les âges, le paysagiste bordelais est un spécialiste intarissable sur le sujet.

« Il y a toutes sortes de variétés qui conditionneront la forme et la taille de l’arbre. À Séville, ce ne sont pas les mêmes qu’à Almeria, par exemple. Le succès de l’olivier s’explique aussi bien par sa résistance que par son caractère majestueux. Mais même les plantes et les arbres que l’on considère comme résistants doivent faire l’objet d’attentions », met en garde Arnaud Desage qui, chaque année, se rend plusieurs fois en Espagne pour choisir lui-même les arbres destinés à orner les jardins et les parcs girondins.

« L’olivier a cette faculté de se sentir aussi bien en pot que dans la terre. Seule la croissance sera différente, plus lente pour l’arbre en pot. » Le prix de l’olivier dépend de l’âge et de la beauté des arbres. Les millénaires peuvent atteindre plusieurs dizaines de milliers d’euros, les très jeunes, quelques centaines, voire quelques dizaines d’euros.

Prudence avec l’exotisme

Si nos jardins se parent de reflets exotiques que tous les pépiniéristes proposent aujourd’hui, Arnaud Desage recommande cependant quelques principes de prudence. « Il faut planter en fonction de la terre, de l’exposition, du climat. Celui de la côte n’est pas le même qu’à l’intérieur des terres, même s’il n’y a que quelques dizaines de kilomètres de distance. »

Si l’on souhaite refaire un jardin, le conseil est primordial. « Mais il faut d’abord discuter avec les gens, connaître leurs goûts et leurs habitudes de vie. S’ils passent beaucoup de temps dans leur jardin ou non. Car ce dernier traduit aussi la personnalité du propriétaire. »