Le marché passe à nouveau au vert en Lot-et- Garonne, tiré par l’activité observée sur Agen en particulier et son agglomération en général. Le territoire confirme son statut de “locomotive” pour l’immobilier dans le département.

Trois critères et puis, c’est tout : une maison d’habitation individuelle située dans le centre, agrémentée de 3 chambres, d’un accès extérieur (cour, jardin ou terrasse) et d’un stationnement (place de parking ou garage). « C’est, sur Agen et son centre-ville, 80% des demandes que nous traitons, explique Benoît de Bueger, gérant de L’Immobilier Agenais et vice-président de la FNAIM 47. C’est aussi l’équation qui permet une vente facile, rapide et à un bon prix. Tout devient plus compliqué si l’un de ces éléments manque ; le prix du bien risquant de subir rapidement une vraie décote, jusqu’à 20% du montant demandé par les vendeurs. »

Agen confirme son statut de locomotive - Crédit Photo : Eve Scholtès
Agen confirme son statut de locomotive – Crédit Photo : Eve Scholtès

L’Agenais, particulièrement Agen, reste un marché actif voire très porteur dans le panorama immobilier du département. Le montant des transactions se maintient ; contrairement aux bassins du Villeneuvois et du Fumélois marqués par une nouvelle baisse des prix, toute relative soit-elle. Les raisons sont multiples. La capitale administrative de Lot-et- Garonne bénéficie d’un renouvellement constant grâce au jeu des mutations. La fonction publique ou les salariés des services de l’État représente une part importante de sa population, tandis que la présence du 48 e Régiment de Transmission constitue une garantie supplémentaire pour l’activité et la stabilité du marché.

« C’est aussi le secteur géographique où les acheteurs potentiels trouvent le meilleur tissu économique et les meilleures infrastructures en Lot-et- Garonne », ajoute le professionnel. L’hyper-centre fait l’unanimité parmi les acheteurs. Qu’ils soient primo- accédants, jeunes couples ou retraités, les candidats à l’accession à la propriété trouvent de quoi satisfaire leur projet pour un budget raisonnable. Leurs quartiers de prédilection ? Un triangle d’or dont les sommets s’appellent « préfecture », « Palissy », « les Jacobins ». Si les maisons affichent des prix au mètre carré supérieurs à la moyenne départementale (jusqu’à 1 600 €), les appartements demeurent plus accessibles avec un prix moyen au mètre carré d’environ 1 000 €.

On attend toujours du neuf

Question : pourquoi, alors que 14 communes de l’Agenais sont éligibles au dispositif de défiscalisation proposé par la loi Pinel, les bassins d’Agen et de son agglomération ne fourmillent pas de programmes de construction dans le neuf ? Tandis que les grandes villes, telles que Bordeaux, ont saisi l’opportunité, les collectivités lot-et- garonnaises concernées n’en ont rien fait pour l’heure. « Il faudrait que les élus adressent leur demande au préfet de région », suggère Benoît de Bueger.

Crédit Photo : Eve Scholtès
Crédit Photo : Eve Scholtès

Et le locatif dans tout ça ?

Si le marché de la location a perdu près de 10%, en valeur, sur les deux ou trois dernières années, il a toutefois gagné en qualité. « Nous sommes confrontés à la concurrence des bailleurs sociaux, qui construisent des programmes de logement HLM neufs, explique Benoît de Bueger. Cette réalité a deux impacts. Le premier sur l’offre locative : les biens doivent être au top en matière d’aménagement et d’équipement. Le second sur les prix : les efforts consentis se répercutent sur leur montant, corrigé à la hausse. »

Garonne qui rit, Garonne qui pleure

Les rives droite et gauche connaissent des situations contrastées. Dis-moi où tu achètes, je te dirai qui tu es… « L’économie dynamique, autour de l’Agropole notamment, et la construction future de la LGV constituent 2 éléments clefs dans la recherche de biens sur la rive gauche de Garonne, explique Benoît de Bueger. Le pont de pierre aussi, qui reste une barrière sinon un facteur déterminant. Les acheteurs, selon qu’ils doivent le franchir ou pas pour se rendre au travail, orientent leur choix. » La tendance, dessinée l’an dernier, se confirme : la rive gauche attire de plus en plus, Le Passage-d’Agen et Estillac en tête. Layrac en tire également profit : « Les familles trouvent sur place les commerces et les services de proximité dont elles ont besoin au quotidien. Elles sont également séduites par le dynamisme de la vie du village. ».

Le tableau est plus contrasté sur la rive droite. Tandis que Foulayronnes, Lafox et Boé confirment leur attractivité, Colayrac-Saint-Cirq, Saint-Hilaire-de-Lusignan et Pont-du- Casse peinent à séduire.

Eve Scholtès